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Cathédrale Sainte-Sophie, Harbin, Heilongjiang

Cathédrale Sainte-Sophie, Harbin : Histoire

La cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie a été construite en 1907 après l’achèvement du chemin de fer transsibérien en 1903, qui reliait Vladivostok au nord-est de la Chine. La division de l’armée russe n ° 4 est arrivée dans cette région juste après la défaite de la Russie face aux Japonais durant la guerre russo-japonaise (1904-1905). L’église Sainte-Sophie fut achevée en mars 1907 dans le cadre d’un plan visant à redonner confiance à l’armée en construisant un symbole spirituel imposant.

 

Cathédrale Sainte-Sophie, Harbin, Heilongjiang

 

 

En 1921, Harbin comptait alors une population de 300 000 habitants, dont 100 000 Russes. Un agrandissement le l’église fut lancé en 1923 et nécessita neuf années de travaux supplémentaires. L’église Sainte-Sophie fut à l’époque saluée comme une œuvre d’art monumentale et était considérée comme la plus grande église orthodoxe d’Extrême-Orient. Elle atteint effectivement une hauteur de 53,3 mètres, occupe une superficie de 721 mètres carrés et constitue un exemple parfait de l’architecture néo-byzantine. Sa structure principale est disposée en forme de croix, et son hall principal est surmonté d’un énorme dôme à pointe verte. Sous le soleil brillant, l’église et l’ensemble sur laquelle elle se trouve ressemblent, dit-on, à la Place Rouge de Moscou.

 

Après la création de la République Populaire de Chine en 1949, les communistes mirent fin aux missions chrétiennes tout en négociant avec le gouvernement soviétique  la rétrocession des églises russes à la Chine. La cathédrale fut alors fermée au moment de la période du grand bond en avant (1958-61), puis de la révolution culturelle (1966-76). Il fut même prévu qu’elle soit détruite aux pires moments du grand lavage des cerveaux. Fort heureusement, la cathédrale échappa à ce destin funeste, mais fut tout de même convertie en un vaste entrepôt pour un grand magasin d’état, et ses fenêtres furent obturées par des murs de briques. Un mur d’enceinte fut bâti, rendant la cathédrale inaccessible et invisible depuis la rue. Pendant des décennies, elle demeura le centre invisible de la ville, entourée de divers magasins, d’un atelier de carrosserie, d’une usine de crayons et d’appartements pour les employés du gouvernement de la ville.

 

Il fallu attendre 1996 et la prise de conscience du gouvernement de Beijing qu’une campagne nationale de préservation de ce qui restait des sites historiques devenait urgente, pour que la cathédrale fut classée au patrimoine culturel national.

 

Cathédrale Sainte-Sophie, Harbin, Heilongjiang

 

 

Une campagne de dons fut alors lancée pour en permettre la restauration. 12 millions de yuans (environ 1,5 million d’euros) furent au total collectés. En 1997, la « liberté » fut enfin rendue à la cathédrale avec la destruction de son mur d’enceinte et la démolition de nombreux bâtiments environnants. Elle est depuis un élément de fierté du patrimoine architectural d’Harbin, cette fois au service du gouvernement chinois.

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